
Film de Georgi M.Unkovski - Prix Cannes Ecrans Juniors 2025
Synopsis: Ahmet, 15 ans, grandit au milieu des montagnes de Macédoine, où il garde les moutons de son père tout en prenant soin de son petit frère. Mais lui, ce qui le fait rêver, c’est la musique. Entre les attentes de son entourage et ses envies d’ailleurs, Ahmet pourra-t-il un jour suivre son propre chemin ?
Le berger qui voulait être DJ !
Un coup de cœur international pour ce film macédonien, son humour, sa délicatesse et l’amour de la musique qu’il transmet si bien.
Imaginez ! un jeune berger dans une communauté turque perdu au fin fond des montagnes, un enfant mutique, une jeune fille face à un mariage arrangé : c’est comme si le cinéaste s’amusait avec ce fameux cliché « entre tradition et modernité » très prisé des agences de voyage mais qui prend ici tout son sens !
L’histoire de ce jeune berger de 15 ans fait aussi danser notre cœur, au même rythme que le sien, qui bat pour la jeune Aya. Leur histoire d'amour, irrésistible, vient secouer les traditions du pays et des destins dont ils ne veulent pas. Un conflit entre l'ancien et le nouveau monde, au milieu desquels la jeunesse veut se faire sa place.
Vous ne serez pas surpris par le grand écart culturel de ce film où TikTok et Facebook côtoient simultanément des traditions insupportables comme les mariages forcés …
Mais ce qui vous touchera au plus profond de vous, c’est la puissance de l’amour fraternel qui unit Ahmet à son petit frère muet dont il doit s’occuper depuis la mort de leur mère. Vous ne pourrez qu’être bouleversés par l’intensité et la profondeur du regard de cet enfant dont c’est le seul moyen d’expression.
On suit aussi avec émotion ce père veuf, perdu, en lutte avec ce que doit être un Homme suivant la tradition et son moi intérieur !
Ce film est FRAIS, REVIGORANT et se moque avec malice de la religion et du machisme ambiant.
Evidemment la musique au cœur de ce film sert autant de langage que les dialogues eux-mêmes
Des films de la Macédoine du Nord ne sont pas monnaie courante ! Alors, courez donc voir en famille ce film dépaysant, drôle et sa pléiade d’acteurs non professionnels !
Sachez que ce film a mis 5 ans à voir le jour, a été tourné en 36 jours et a bénéficié d’un budget de 978 € !
Chapeau à ce cinéaste prometteur qu’est Georgi M. Unkovski dont c’est le 1er film !

De Sophy Romvari | Par Sophy Romvari Avec Eylul Guven, Amy Zimmer, Iringó Retí
Synopsis : À la fin des années 1990, Sasha, huit ans, s'installe avec ses parents et ses frères sur l'île de Vancouver. À travers ses yeux, sous le soleil d’un été en apparence paisible, quelque chose se fissure. Leur nouvelle vie est troublée par le comportement de plus en plus imprévisible de l'aîné, Jeremy.
Il est de ces films dont on ressort transformé,le regard durablement changé sur notre propre passé.
Blue Heron, le premier long-métrage semi-autobiographique de Sophy Romvari, est salué par une critique unanime (affichant le score vertigineux de 94/100 sur Metacritic), le film de la réalisatrice canadienne bouscule le cinéma d'auteur.
Une histoire en deux temps Le film explore le quotidien d'une famille d'immigrés hongrois On y suit d'abord Sasha, 8 ans, dont le regard d'enfant capte avec l'innocence et la naïveté de son jeune âge, les non-dits d'un foyer en crise. Si les parents parlent anglais, une autre langue affleure, le hongrois et perturbe une vérité qui se dérobe dans le passage d’une langue à l’autre.
Sasha observe, sans tout décoder, le comportement de plus en plus erratique de son grand frère Pogressivement, l’aîné de la fratrie apparaît à la lisière du cadre, parfois dans le même plan que les autres, mais légèrement désaxé, comme s’il glissait hors d’un centre invisible. Jeremy n’est jamais entièrement avec, et jamais totalement hors. Sa présence flottante et désaxée symbolise magnifiquement son exil intérieur.
Le film ne tranche pas : il installe. À plusieurs reprises, les scènes nous parviennent depuis l’extérieur, quelque chose résiste… On voit, mais partiellement ; on entend, mais filtré. Sasha enfant épouse ce regard en formation, qui enregistre sans encore interpréter.
Puis, au milieu du film, une bascule s'opère, le récit fait un bond dans le présent. Sasha (incarnée par la magnétique Amy Zimmer) est désormais adulte et est devenue cinéaste. A travers l'objectif de sa propre caméra, elle tente de reconstituer ses souvenirs fragmentés. En brisant la frontière entre la fiction et le documentaire, Sophy Romvari offre une réflexion d'une virtuosité rare sur le processus même de création.
Blue Heron brille par sa retenue et sa pudeur. Le scénario avance avec une compassion infinie pour ces parents, dépassés par la détresse psychologique de leur fils aîné, mais farouchement déterminés à préserver le bonheur de leur foyer.
Le film ne cherche pas des réponses faciles ou des coupables, il s'impose comme un acte profond d'interrogation, de compréhension et, enfin, de pardon.
Il faut également saluer la performance du casting. La jeune Eylul Guven (Sasha enfant) est bouleversante de justesse dans son jeu silencieux et observateur. La transition avec Amy Zimmer dans la seconde partie apporte une puissance dramatique qui achève de serrer le cœur du spectateur.
Blue Heron est une œuvre viscérale, sincère et d'une maîtrise impressionnante. En nous montrant qu’il est impossible de modifier le passé, Sophy Romvari nous prouve qu’il est en revanche possible de le regarder en face pour réussir, enfin, à avancer.

Synopsis: À Los Angeles, AJ, lycéen discret, rencontre Kristen. Elle est passionnée de surf, lui de skateboard et de dessin. Ils tombent follement amoureux ; un avenir heureux se profile. Mais tout bascule lorsque Kristen tombe malade. Ensemble, ils se lancent dans un combat contre l’adversité, portés par la force de leur amour, leurs amis et leur passion désormais commune pour le surf et l’océan.
IN WAVES : LE RESSAC OBSTINE DE LA VIE !
L’animation a longtemps été considérée comme un genre mineur destinée aux enfants !
L’animation pourtant offre une liberté graphique, narrative et émotionnelle qu’aucune autre forme d’image ne permet ; elle est l’un des espaces les plus inventifs et audacieux pour raconter l’intime !
Depuis, le regard a tellement changé que, cette année, le film d’Ouverture de la Semaine de la Critique au Festival de Cannes se trouve être « IN WAVES » !
Adapté du roman graphique autobiographique d’Al Dungo, ce film aurait pu sombrer dans le mélodrame lacrymal mais il choisit au contraire la pudeur, la douceur et le mouvement perpétuel de l’océan pour raconter le deuil, l’amour et la mémoire.
Cette histoire est celle d’une jeunesse flâneuse, qui surfe, qui skate, profondément ancrée dans l’humanité et le contemporain. Mais ce qui échappe à la règle, c’est que le surfeur est en réalité une surfeuse : portrait magnifique d’une jeune femme combative, amoureuse et pleine de vie doublée par la voix remarquable de Lyna Khoudri.
« In Waves » c’est la love story du 21ème siècle, sans conteste, mais ici, le chagrin vient par vagues, il faut donc apprendre à surfer.
Attention, ce n’est pas une histoire sur la technique du surf mais l’eau est au centre du film s’imposant comme le catalyseur du sentiment amoureux. On touche à la dimension spirituelle : surfer, c’est se connecter à l’univers, prendre le pouls du monde !
Filmer la disparition sans jamais effacer la vie ! Voilà la prouesse de la réalisatrice car si ce film parle évidemment de la mort, il est surtout hanté par une urgence de vivre, de créer, d’aimer et de transmettre !
Contrairement au roman qui propose une bichromie minimaliste, Phuong Mai Nguyen déploie un univers coloré californien qui rappelle les peintures de David Hockney. Les dessins de l’auteur du livre se retrouvent dans le film : une vraie mise en abyme !
Son intense humanité, cette impressionnante leçon de vie, la puissance du baume de l’amour et de l’amitié dans la tempête des épreuves associés à l’œuvre d’art en elle-même que sont les dessins et la musique font de ce film un arc en ciel de qualités dont il ne faudrait pas se priver !

de Pauline Brunner et Marion Verlé
Synopsis: Fraîchement divorcée, Fanny, une trentenaire fécampoise, ne garde de son mariage qu’un canapé en skaï et des dettes qu’elle refuse de payer. Malgré un besoin ardent de liberté, cette employée de ménage s’enlise. Jusqu’au jour où elle croise la route d’Anémone, une sirène professionnelle de passage dans la région…
MISS MERMAID : UN RÊVE A BOUT DE NAGEOIRE !
Non, vous ne rêvez pas, vous allez bien voir évoluer une sirène dans les eaux du port de Fécamp !
Cette histoire apparemment farfelue est pourtant authentique et fait suite à un documentaire tourné en 2019 par les mêmes réalisatrices et à leur envie de l’adapter au cinéma !
La Normandie côtière et surtout la Fête du hareng qui introduit le film, sert de décor à cette comédie dramatique !
On y retrouve l’ambiance des films comme « Ouistreham » ou « Discount » où la solidarité est de mise pour ces invisibles qui triment pour des salaires de misère et sans reconnaissance de la part de la société qui les exploite !
Si Fanny n’avait pas fait cette rencontre via les réseaux sociaux d’Anémone : sirène professionnelle, elle aurait plongé dans le désespoir jusqu’à l’irrémédiable ! Cette vidéo la transporte tellement qu’elle décide contre vents et marées de s’accrocher à ce rêve fou de devenir sirène !
Elle a bien conscience, Fanny, cette héroïne fonceuse, déterminée et féministe que cette passion singulière sera sa seule porte de sortie et que l’énergie qu’elle y mettra sera son moteur de reconstruction personnelle mais quelle folie !
L’humour et la tendresse sont toujours présents pour guérir les plaies et alléger les souffrances.
Aloïse Sauvage, artiste complète puisque circassienne, musicienne et actrice s’est totalement investie dans ce rôle qui a nécessité des mois de cours d’apnée et d’entraînement avec monopalme. Pour info, la queue de sirène utilisée pendant le tournage pesait 15 kg !
Thomas VDB est formidable et émouvant dans ce rôle de marin pêcheur en grève et révolté face à la concurrence déloyale de la pêche industrielle.
Pour infos, le concours « miss Mermaid » existe vraiment ; c’est un concours de beauté mais surtout sportif mettant en valeur « le mermaiding » : pratique où les participants enfilent une queue de sirène et évoluent dans l’eau.
Cette comédie dramatique n’a pas la prétention de concourir à une palme au Festival de Cannes mais je vous garantis qu’en ces temps de sinistrose, ce genre de film fait du bien !
À la fin des années 1990, Sasha, huit ans, s'installe avec ses parents et ses frères sur l'île de Vancouver. À...
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